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Chloé Minssieux & Gérald Bortoluzzi
28/02/14 - 14/03/14

Vernissage le Vendredi 28 Février à partir de 18h

 

Éprouver le vertige de la chute, l’instant où le corps se laisse complètement aller vers un voyage dont il ne peut pas prévoir la nature, le déroulement, ni la fin. Un état d’abandon complet, une extrême fragilité, une sensation étrange qui ne participe d’aucun regret ni nostalgie. Un temps travaillé, feuilleté, qui met parfois, l’écho avant la voix. Un instant des simultanéités qui bouleverse la linéarité du temps, et fait sourdre dans l’épaisseur, le murmure des fantômes. Inspiration, expiration, une pulsation qui rend les frontières poreuses, les réminiscences palpables, ouvre une constellation entre autrefois et maintenant. Moment du passage, de l’entre-deux. La vulnérabilité du papier à cigarette, de la nudité, de la danse, de la projection. Le jeu des reflets, l’errance du songe.

« Rares sont les nuits où j’ai le courage d’aller jusqu’au fond, jusqu’au douzième coup, jusqu’à la douzième blessure, jusqu’au douzième souvenir…Alors je reviens au temps plat ; j’enchaîne, je me réenchaîne, je retourne auprès des vivants, dans la vie. Pour vivre, il faut toujours trahir des fantômes. »

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, Paris, Stock, 1992 (1932), p.107

 

Instants suspendus.

Il y aurait peut-être deux univers parallèles, en résonance possible, en «é-mouvances» potentielles (?), formant vagues ou ondes qui se croiseraient dans trois espaces très différents propices au rêve.

Il s’agirait de suggérer des instants bizarrement suspendus, des histoires de cueillettes et leur déploiement en duo à travers des formes variées et parfois voisines dans leur approche de la temporalité

par l’installation, la vidéo, la photo, la sculpture …

Des espaces mythologiques à confondre et parcourir.

Il y aurait une Ophélie et d’étranges Infantes, «Un homme qui dort» … (celui qui figurerait sur l’affiche et le carton de l’exposition dessinés par Chloé).

Il y aurait des «remous» d’apparitions-disparitions furtives

un peu partout,

comme insaisissables.

L’eau dans certains espaces,

«déclinée» en vidéo, en reflet, et surface de projection fragile..

nous inviterait peut- être à une croisière …

Au bord du vide.

Ou alors, au bord de l’Abîme

(dans lequel J.C. ,après sa descente aux Limbes, etc.,

aurait jeté les clés de la porte des Enfers, dit-on …)

Là où les démons ridiculisés s’agitent toujours visiblement ….

De la vision au Sommeil…

Ne dit-on pas curieusement que l’on y plonge et tombe,

ou sombre ?

Comme imperceptiblement?

(dans l’esprit et la forme d’une « belle mort » peut-être?) .

S’abandonner aux figures

et aux mouvements

fantomatiques,

À « la vie dans les plis »,

…Y plonger la tête !

à plusieurs reprises en s’endormant sur une chaise,

ou en relisant plusieurs fois la même

phrase sans plus la comprendre

et s’y perdre.

Celles-là, parmi d’autres :

«Dès que tu fermes les yeux, l’aventure du sommeil commence.»

« (…) l’apparition d’un geste, d’un mouvement, d’une silhouette, ébauche de signe vide que tu laisses grandir, hasard qui se précise : un œil qui te fixe, un homme qui dort, un remous, (…) »

« Tu n’es plus qu’un grain de sable, homoncule recroquevillé, petite chose inconsistante,, sans muscles, sans os, sans jambes, sans bras, sans cou, pieds et mains confondus, lèvres immenses qui t’avalent. » * G. Perec (Un homme qui dort)

 

G.B.

 

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